Le dodo Réunionnais | Le dodo Mauricien
Le Solitaire de Rodrigues, un voisin du Dronte de Maurice. ce nom lui fut donné par Leguat qui séjourna trois ans à Rodrigues, alors déserte. Il y débarqua en 1691. A son retour en Europe il publia le récit de son voyage.
De tous les oiseaux de cette île l'espèce la plus remarquable est celle à laquelle on a donné le nom de Solitaire, parce qu'on les voit rarement en troupes, quoiqu'il y en a beaucoup. Les mâles ont le plumage ordinairement grisâtre et brun, les pieds de coq d'Inde et le bec aussi, mais un peu plus crochu. Ils n'ont presque point de queue, et leur derrière couvert de plume est arrondi comme une croupe de cheval. Ils sont plus hauts montés que les coqs d'Inde et ont le cou droit,un peu plus long à proportion que ne l'a cet oiseau quand il Dronte de Maurice lève la tête. L'oeil noir est vif, et la tête sans crête ni houppe. Ils ne volent point, leurs ailes sont trop petites pour soutenir le poids de leur corps. Ils ne s'en servent que pour se battre et faire des moulinets quand ils veulent s'appeler l'un l'autre. Ils font avec vitesse 20 ou 30 pirouettes tout de suite du même côté, pendant 4 à 5 minutes ; le mouvement de leurs ailes fait alors un bruit qui approche celui d'une crécelle, et on l'entend de plus de 200 pas. L'os de l'aileron grossit à l'extrémité et forme sous la plume une petite masse ronde comme une balle de mousquet, cela et le bec sont la principale défense de cet oiseau. On a bien de peine à les attraper dans les bois, mais comme on court plus vite qu'eux, dans les lieux dégagés, il n'est pas fort difficile d'en prendre. Quelquefois même on en approche fort aisément. Depuis le mois de Mars jusqu'au mois de Septembre ils sont extraordinairement gras, et le goût
en est excellent surtout quand ils sont jeunes.