
Elle est célébrée, chaque année, au mois de mai, au terme d'un carême de trois jours. Le matin de la fête, le prêtre et les pénitents font des offrandes de prières et de nourriture aux divinités puis préparent le « karlon » de Mariamin ainsi que le chu (« tel ») sur lequel la divinité sera promenée à travers le quartier à la tête d'un cortège formé d'hommes, qui quitte la « sapèl » pour « éloigner la maladie et le mauvais air ». Devant les maisons, des groupes de femmes, de jeunes filles et d'enfants attendent le passage du cortège pour faire des offrandes à Manantir. Ces dernières, déposées sur une petite table à côté d'une petite lampe à huile allumée consistent en gâteaux (« bonbon piman », « bonbon don »), fruits (bananes, cocos, oranges, pommes), colliers de fleurs, parfums et pièces de toile blanche; ces dernières seront distribuées ans pauvres à la fin de la cérémonie. Le cortège s'arrête devant la famille (à condition que la maison soit pure ou qu'il n'y ait pas un deuil) qui présente à Mariamin ses offrandes; courte cérémonie au cours de laquelle le prêtre ôte du « karlon » quelques feuilles de « Iflas » qu'il donne à la famille et qui seront précieusement conservées dans la maison pont écarter les maladies.
Au retour, le cortège fait le tour de la « sapèl »; le « sêlé » de Mariamin est déposé dans le sanctuaire, et, après une brève cérémonie de remerciements, tout le monde se réunit sous le préau pour partager un repas strictement végétarien composé de « kaandi », de « payason » (tapioca, lait, noix de coco râpée, raisins confits) et de « manzé d-lé » (riz cuit, lait sucré, quelques raisins confits) auxquels on ajoute des gâteaux pimentés, des gâteaux sucrés et toutes sortes de fruits.